Poème : Nuit champêtre

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NUIT CHAMPÊTRE

La nuit avait été très humide
Lorsque je fus réveillé par le froid.
Le brouillard devenait très liquide,
Formant de la rosée dans le sous-bois.
Un grand pin se dressait à quelques pas
Présentant son écorce croûteuse,
Un écureuil y faisait son repas
Dans cette forêt silencieuse.
Le sol était recouvert de mousse
Et sur elle j’avais très mal dormi,
Recroquevillé dans cette brousse
Colonisée par dix mille fourmis.
Les corbeaux faisaient des vocalises
Entonnant leurs plus beaux chants lugubres
Tandis qu’un arbre couvert d’alises
Offrait ses fruits hautement salubres.
Les côtes quelque peu endolories,
Je me décidai enfin de partir
Pour faire provision de calories
Dont mon corps avait dû se départir.
Sorti du bois, marchant sur la route
Je vis dans  une maison éclairée,
Une femme qui cassait la croûte
Et qui se montrait très très affairée.
J’aurais bien partagé sa pitance
Car mon petit estomac réclamait,
Qu’on lui procurât quelque substance
Continuellement il gargouillait.
Je dus faire plusieurs kilomètres
Avant d’apercevoir  sur mon trajet,
D’un café, la première fenêtre,
Afin de concrétiser mon projet.
Qu’il me parut bon ce chaud breuvage,
Je l’avais si ardemment désiré,
J’avais tant attendu ce laitage,
Que j’en fus totalement chaviré.
Ce récit n’est point imaginaire,
Il est celui qu’étant adolescent,
Je vécus pour cet anniversaire
Du plus chaleureux des évènements.
Annuellement notre instituteur
Organisait un petit théâtre,
Je n’habitais plus le même secteur,
C’était un maître qu’on idolâtre
Il était pluridisciplinaire
L’enseignement était sa vocation
Je n’aurais jamais pu me soustraire
A l’expression de mon admiration

Em. Lebûcheron

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